500 km en Kalenji SD

C’est l’histoire d’un test qui aurait dû se dérouler sur une dizaine de séances types, comme d’habitude, et qui, pour des raisons personnelles a, si on peut dire … dérapé puisque 500 kilomètres plus tard, il est toujours, plus ou moins, un peu moins maintenant, en cours. Pour une fois, on ne pourra pas me taxer d’un trop plein de brièveté et en matière de Kalenji SD, je peux aujourd’hui prétendre au titre de fin connaisseur.

C’est aussi l’histoire d’une chaussure qui avait tout pour me déplaire, si ce n’est son prix (69,95 €) : typée courses courtes mais lourde par rapport à la concurrence (290 g en 45), étroite comme une Kalenji et un drop à faire frémir (10 mm !!!) et encore, je ne parle pas de l’amorti … Et puis et puis …

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Bon, je ne vais cependant pas vous mentir, ce n’est pas l’extase, je pense qu’il y a sans doute mieux pour l’usage auquel elle se destine mais franchement, cette chaussure est bourrée de qualités et à la longue, on y revient avec plaisir (j’aurais pu écrire « elle m’a eu à l’usure » – au sens figuré …).

On va commencer par ses défauts. Elle est un peu trop étroite pour moi à l’avant. J’ai bien conscience que les coureurs rapides apprécient cela, y trouvant un meilleur contrôle à vitesse élevée, je n’adhère pas à cette thèse 🙂 Tiens, maintenant que j’y pense, c’est amusant, tous ses défauts se situent à l’avant : elle manque d’un zeste de « mollesse dynamique » au niveau du médio-pied (moi, qui adore le soft landing …) et d’un chouïa d’accroche au bout du bout de la semelle, qui se sent uniquement en fractionné court.

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Je n’ai jamais été fan des amortis Kalenji, soit hyper mous soit moins mais dépourvus des qualités dynamiques que je recherche. Force est ici de constater que ce n’est pas du tout le cas. Le K-Ring associé au matériaux composant la semelle, procure un compromis idéal entre filtration des ondes de choc et effet de poussée vers l’avant. En gros, même en attaquant franchement du talon, on sent la chaussure réagir. Le déroulé du pied n’est pas entravé par une quelconque rigidité de la semelle, au contraire, c’est d’ailleurs surprenant par rapport aux autres modèles de la marque que j’ai pu tester. L’avant, sauf à chercher le griffé (voir paragraphe précédent), accroche bien la route. La semelle n’est jamais prise en défaut, quel que soit l’état de la chaussée, même sous la pluie. La stabilité est excellente. Quant au confort, honnêtement, hormis l’étroitesse avant, c’est une réussite. Le pied est bien maintenu sans être broyé et ça respire, que demande le peuple.

De la longévité peut-être ? Eh bien, aucun souci de ce côté-là : après 500 km, le mesh est dans un état impeccable, il n’a pas bougé d’un iota, la semelle présente quelques traces d’usure normales et surtout régulières et conserve son accroche, ce que j’ai encore pu vérifier il y a quelques jours après une averse. Les qualités dynamiques sont à l’identique de ce qu’elles étaient à neuf. Une chaussure dans un tel état après tout ce temps, c’est rare de nos jours ! Bravo Kalenji ! Vous voulez des preuves ? Quelques photos de ce matin peut-être ?

Son spectre d’utilisation est à considérer avec circonspection avant un achat (même si son prix est loin d’être rédhibitoire), elle n’est destinée qu’aux courses courtes (5, 10 voire semi pour les coureurs très légers). Les footings, surtout quand on court médio-pied, sont un peu un pensum (le drop fait taper – message pour initiés), quant au fractionné rapide, j’en ai déjà parlé. Par contre, à « allure 10 km », c’est le pied 🙂 Et ce prix !!! Il n’y a pas à hésiter 🙂