Fun : Happy End à l’américaine…

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Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coincidence comme on dit dans le métier ! 

Je ne saurais jamais ce qui m’a pris un jour de prendre ce foutu dossard… Un soir de déprime sur mon canapé avec mon pot de glace au nom suédois à la main, mes fesses dans un jogging informe à la Bridget Jones, le tout posé sur mon canapé à regarder pour la xxx fois « Happy New Year », en alternance avec « Happy Valentine » et « Love actually ». Une chose est certaine, en quelques minutes, j’avais un billet pour New York et la chambre d’hôtel qui allait avec : moi aussi j’allais enfin voir la boule descendre sur Time Square, compter de 10 à 1 et rouler une pelle au policier en faction devant ma barrière ! Le réveil fut brutal, d’ailleurs on ne parle jamais assez du réveil douloureux qui suit immanquablement les cuites au sucre rapide… Aller voir seule la boule descendre était tout bonnement pathétique, je n’allais pas me retrouver à rouler une pelle à un flic tout new-yorkais qu’il était. C’est à ce moment-là que je me suis rappelée de la course organisée dans Central Park de nuit pour fêter la nouvelle année runnings aux pieds. Je n’avais plus vraiment le goût à la course à pied mais il était temps de me ressaisir. Ma dernière rupture avec mon « coureur » m’avait laissé un goût amer et un dégoût sommaire pour ce sport que pourtant nous avions tant partagé. C’est d’ailleurs lorsque j’ai réalisé qu’il sauverait d’abord son garmin en cas d’incendie que ma propre personne que je me suis sauvée ! Ah oui et aussi parce que par erreur j’avais mis au sèche-linge son t-shirt de compression favori qui avait moyennement apprécié la balade…

Voilà, j’y suis… Il fait un froid de gueux, Central Park est blanchi par une couche de neige parfaitement raccord avec la saison, j’ai passé l’après-midi à faire du patin devant la Bibliothèque nationale, vous savez celle du « Jour d’Après » (la bibliothèque, pas la patinoire ! Celle-là est partout autour dans le film) ? J’ai diné d’un club sandwich frites au bar du Deli’s du coin, sans Harry et sans l’orgasme de Sally aussi… Bref je suis là et je voudrais être ailleurs. Pourtant l’ambiance est folle comme seuls les américains savent le faire. Alors je pars, je trottine tranquillement bien décidée à profiter de l’instant présent et d’oublier un peu pourquoi je suis ici. Très vite j’ai le sentiment d’être suivie. Enfin non plus exactement j’ai le sentiment que l’homme qui court à côté de moi court avec moi. Et lorsque résonnent les douze coups de minuit, que tous les coureurs s’arrêtent pour s’embrasser, je me retrouve face à lui qui me sourit. Nan mais ce n’est pas possible : c’est le frère caché de Tom Cruise et de Julia Roberts question dentition ! Il a trop de dents et elles sont trop blanches, faudrait des lunettes de soleil pour le regarder en face ! Pire, il est charmant, pour ne pas dire craquant, il pourrait concurrencer Mark Darcy qui réalise quand même l’exploit de rester sexy, un pull ridicule sur le dos. Il se penche vers moi pour m’embrasser sur la joue mais je me rappelle tout d’un coup que je suis française et c’est ma bouche qu’il trouve pour un french kiss volé et à la volée. Nous repartons sans nous parler, passons la ligne sans nous parler, il me prend la main sans me parler et m’entraine en dehors du parc. Je le suis sans réfléchir ! Lorsque je finis par lui demander où nous allons, il me répond juste « voir le soleil se lever sur l’Hudson ». Ah ben tiens forcément, suis-je bête ! Je prie juste pour qu’il m’évite la visite des halles à poisson au petit matin, je ne suis pas une coyote girl moi. Il me met des écouteurs sur les oreilles, il a un double jack qu’il branche sur son ipod, c’est parti pour la nuit la plus incroyable de ma vie, sans un mot, juste la musique. Lorsque nous arrivons sur les quais à l’aube, nous trouvons un banc, je me blottis dans ses bras et je regarde le soleil rouge se lever… Quelques secondes d’éternité… Satie assure la bande son, on frôle la perfection. Mark Ruffalo peut aller se rhabiller avec son « New York Melody » et Keira aussi.

Il me demande alors ce que je veux faire et dans un sourire je lui réponds « breakfast at Tiffany » ! Il me sourit, attrape ma main et nous repartons en courant vers la 5ème avenue. Un passage au starbuck du coin et nous sommes là, tous les deux, nos croissants et notre caramel macchiato à la main devant une bijouterie fermée et personne pour le filmer. Il se penche vers moi pour m’embrasser, et non il ne m’a pas dit « voulez-vous m’épouser ? ». Il m’a juste dit merci pour cette incroyable nuit et il est reparti, je viens de passer la nuit avec un inconnu qui le restera. Et moi je suis rentrée, à mon hôtel d’abord, et puis chez moi ensuite. Malheureuse et éplorée ? Surement pas ! Bien décidée à faire de ma vie le film d’amour que je regarde trop souvent seule sur ma télé. Je l’ai recontacté à mon retour, celui qui fut mon premier vrai amour et que par hasard sur un réseau social professionnel j’avais retrouvé, sans oser encore lui parler. Plus de 20 ans écoulés depuis notre premier baiser… Notre histoire s’était pourtant mal terminée mais je savais au fond de moi que c’était uniquement parce que nous n’étions pas vraiment prêts. Nous avons discuté, pris le temps, nous avons parlé de notre nouvelle passion commune, la course à pied, forcément. Et c’est le jour où il m’a fixé notre premier rendez-vous réel après des dizaines virtuels que j’ai compris que j’avais gagné : 22h22 à la gare St Lazare, sur le quai où pour la première fois il y a 25 ans il m’avait embrassé. Croyez-moi sur parole, c’est en courant que j’y suis allée !

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