Assurer l’assistance d’un coureur sur l’UTMB, c’est déjà une sacrée aventure. Le faire au volant d’une voiture 100% électrique, c’est carrément un défi dans le défi ! Je me suis lancée, et je vous raconte tout : les bonnes surprises, les vraies galères (spoiler : elles sont où on ne les attend pas !) et ce que j’en retiens vraiment. 🏔️
🚗 Pourquoi une électrique… et pourquoi CETTE voiture ?
Petite précision d’entrée de jeu : je n’ai pas vraiment choisi mon modèle ! Je suis partie avec une Xpeng G6, tout simplement parce que c’est la seule marque qui a accepté de me suivre sur le projet. J’avais pourtant contacté plusieurs constructeurs, y compris le partenaire officiel de la course, sans succès. C’est finalement sur les réseaux sociaux que j’ai déniché Xpeng. Je les ai contactés, leur service presse a été absolument remarquable, et ce sont eux qui m’ont proposé la voiture. Comme quoi, parfois, il suffit d’oser toquer à la bonne porte ! 😉Le plus amusant c’est qu’entre le moment où j’ai conclu cet accord et le prêt, je suis allée en Thaïlande où la marque est leader sur le marché de l’électrique. J’étais en mode « je vois des Xpeng partout »… 😂

🔎 Zoom sur ma monture : la Xpeng G6
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, un petit mot sur la bête ! La Xpeng G6, c’est un SUV coupé 100% électrique signé Xpeng, un constructeur chinois qui débarque en France et se pose en concurrent direct de la Tesla Model Y. Voici ce qu’il faut retenir :
🔋 Architecture 800 volts et recharge ultra-rapide : de 10 à 80% en une douzaine de minutes seulement… sur une borne adaptée (on y reviendra, parce que côté bornes, j’ai eu quelques surprises 😅).
🛣️ Grande autonomie : jusqu’à plus de 500 km en cycle WLTP selon la version. De quoi voir venir sur une assistance !
🧳 Un coffre XXL : 571 litres, et jusqu’à 1 374 litres sièges rabattus, sans oublier le petit coffre (71 L) parfait pour ranger les câbles de recharge. Idéal pour transformer la voiture en base de vie.
😴 Le fameux mode nuit : le « sleeping in your car », ma grande découverte, dont je vous reparle plus bas.
Bref, sur le papier, une voiture taillée pour avaler les kilomètres. Reste à voir ce que ça donne sur le terrain de l’UTMB !
📍 Le terrain de jeu : 250 km, un tunnel et un plan B tout suisse
En moyenne, une assistance sur l’UTMB, ça représente environ 250 kilomètres. Sur le papier, aucun souci d’autonomie de ce côté-là. Sauf que… il y a le tunnel du Mont-Blanc, LE grand point noir de l’assistance ! Certaines années, l’attente y est tellement longue qu’il faut passer par la Suisse et le col du Grand-Saint-Bernard. Résultat : une bonne dose de kilomètres en plus, et de la montagne en prime. 🇨🇭
Concrètement, sur cette édition, j’avais 4 points d’assistance à rejoindre. Un enchaînement qui laisse peu de place à l’imprévu !
🔋 La prépa recharge : anticiper, anticiper, anticiper !
Avant le départ, j’avais fait mes devoirs. J’ai rechargé à la station Total à la sortie de Chamonix, que je connaissais déjà et pour laquelle j’avais un compte. J’avais aussi anticipé le fameux plan B par le Grand-Saint-Bernard, avec une recharge éventuelle côté suisse. Pour ça, je me suis carrément renseignée auprès de la mairie de Martigny afin de localiser les superchargeurs accessibles avec une simple carte bancaire. Parce que oui, un piège classique guette : certaines bornes ne fonctionnent qu’avec une carte d’abonnement, impossible à obtenir à la dernière minute ! 💳
🅿️ La vraie galère ? Pas du tout celle qu’on croit
On imagine tous que le plus dur, avec une électrique, c’est la motorisation. Eh bien pas du tout ! Ma principale contrainte, ça a été… le volume de la voiture. Ça peut sembler anecdotique, mais beaucoup de bases de vie sont saturées. Tant qu’on accompagne les premiers coureurs (souvent mon cas avec Alexandre, jusqu’au top 100), on trouve encore à se garer. Mais dès qu’arrive la masse des coureurs, ça se complique sérieusement. Et pas question de se garer n’importe comment : les fourrières sont ultra actives pendant l’UTMB ! 🚨
⚡ Le nerf de la guerre : le temps de recharge
Alors là, grosse découverte. La vraie contrainte, celle que je n’avais absolument pas mesurée avant de me lancer, c’est le temps de recharge. J’avoue, je ne soupçonnais pas une seconde que certains chargeurs pouvaient réclamer jusqu’à quatre heures, je pensais que c’était des temps pour les charges à domicile, pas à l’extérieur ! Autant vous dire qu’en pleine assistance, c’est mission impossible. La règle d’or : viser les superchargeurs, un point c’est tout. Une charge classique demande un temps dont on ne dispose tout simplement pas. Par contre je confirme que oui, comme la marque l’annonce, en 12 min, le temps d’un pipi et d’un café, on est à 80% de charge et 25 min pour une charge à 100%, soit le temps d’un sandwish, d’un café et d’un pipi 😉. Donc sur un trajet sur autoroute par exemple, un peu long, vous n’aurez aucun impact sur le temps final puisque dans mon cas, je m’arrête toujours au moins une fois, dès que cela dépasse les 4h.
Côté marge, je gardais en permanence environ 50% de batterie, et franchement, je suis toujours restée hyper confortable, sauf le jour où je suis allée la chercher à Paris et pour le retour, puisque je savais qu’un chargeur m’attendait 👌 J’ai eu la chance d’avoir une voiture à très grande autonomie. Refaire la même mission avec un modèle plus modeste, une Renault Zoé par exemple ? Ça me semblerait vraiment compliqué, et plusieurs utilisateurs me l’ont confirmé depuis, mais rien d’impossible, il s’agit juste de s’organiser un peu.
🌍 France, Italie, Suisse : le match des bornes
Petit tour d’horizon des trois pays ! En matière de disponibilité, l’Italie m’a semblé nettement en retrait par rapport à la France et à la Suisse. J’y suis d’ailleurs encore au moment où j’écris ces lignes, et j’avais pris soin de choisir un hôtel équipé d’un chargeur. Sur la route ? Très peu de bornes en vue ! Je suis dans le nord, du côté des Alpes, ce n’est peut-être pas représentatif de tout le pays. Mais pour l’assistance à Courmayeur, aucune des stations-service croisées ne proposait de borne (ou alors elles étaient sacrément bien planquées !). 🇮🇹
🏕️ La voiture, ma vraie base de vie
Ça, c’est le gros point positif ! La voiture devient une véritable base de vie, il n’y a pas d’autre mot. L’organisation du coffre est essentielle (encore un argument de poids pour un bon volume de chargement), et j’ai aujourd’hui tout le matériel pour l’aménager quel que soit le véhicule. Petit bonus très appréciable : les prises à bord, parfaites pour recharger les téléphones et les frontales quand il le faut. 🔦
Et LA découverte qui change tout : le mode nuit de la Xpeng, le fameux « sleeping in your car » ! Il bascule la voiture en mode ultra-économie pour conserver un peu de chauffage ou de clim, garder les prises actives, et on peut même programmer une alarme. Le véhicule est réellement pensé pour qu’on puisse y dormir. À Courmayeur, où l’attente est classiquement longue, j’ai pu me reposer une petite heure au chaud, sans laisser tourner le moteur. Le grand luxe ! 😴
🎯 Alors, je recommande ou pas ?
Soyons claires : sur l’usage du véhicule pendant la course, je n’ai eu aucun souci. De ce point de vue, une électrique convient parfaitement à une assistance. ✅
Ma vraie surprise (et pas la bonne, celle-là…), elle est venue du système de recharge. J’imaginais qu’il suffisait, comme à la station-service, d’insérer sa carte bancaire, de taper son code et de brancher. Que nenni ! La toute première borne affichait six heures de charge pour rejoindre Chamonix : je l’ai finalement laissée charger toute la nuit. Et à chaque recharge, une nouvelle embûche : dépendance au téléphone, QR code à scanner, création de compte, et un paiement par simple carte bancaire qui n’a fonctionné qu’une fois, à la station Total sur l’autoroute pour mon retour. À Chamonix, j’ai pu recharger uniquement grâce à un voisin adorable qui m’a créé un accès invité depuis son propre compte. Merci la solidarité ! 🙏
📝 Mes précautions à retenir absolument si vous n’êtes pas propriétaire de votre véhicule évidemment
🔌 Viser exclusivement les superchargeurs pendant une assistance
🗺️ Repérer et, si possible, tester les bornes à l’avance (un coup de fil à la mairie du coin, comme à Martigny, ça peut tout changer !). Avec les abonnements, c’est beaucoup plus simple, je parle là bien d’un prêt ou d’une location d’une voiture électrique uniquement.
📱 Anticiper les systèmes de paiement et de création de compte
🔋 Privilégier un véhicule à grande autonomie
💪 Le bilan chiffré
Près de 300 kilomètres parcourus au total sur l’ensemble de la course… en n’utilisant que la moitié de ma charge. Pas mal, non ? Je vous laisse imaginer ce que j’ai vécu en passant de ma golf des années 2000 à cette Xpeng G6… De Jurassic Park à 2001 l’Odyssée de l’Espace 😂. Je ne vous dis pas le retour à la réalité depuis… Nous n’avons jamais eu à la maison une voiture aussi récente et si je gagne au loto, c’est clair, je vais me pencher sur le sujet sérieusement.
Ce sont vraiment ces contraintes de recharge qui me feraient hésiter à passer au tout électrique : mon quotidien fait de nombreux trajets sur de longues distances, avec souvent des passages de frontières qui plus est, n’est pas encore tout à fait compatible avec ce genre de galères ou plutôt de mauvaises surprises. Je sais, beaucoup commenteront que ça se gère très bien mais nous avons vraiment avec mon mari une vie professionnelle hors cadre, ceci explique cela. Mais pour l’aventure UTMB ? Franchement, l’expérience valait mille fois le détour ! 🏔️✨ Et puis, on le sait tous, comme l’avenir est à l’électrique, cela devrait se simplifier à n’en pas douter et nous allons pouvoir nous repencher sur le sujet très prochainement, j’ose l’espérer.
PS : désolée je n’ai pas de code promo ! 😂😂😂