Le plus simple pour présenter ce livre, c’est tout bonnement de publier ici l’introduction que vous retrouvez au début de cet ouvrage, écrit à 4 mains avec Yoann. J’espère que cela vous donnera envie d’en savoir plus et de courir l’acheter !
J’ai rencontré Yoann à l’autre bout du monde… Un comble quand on sait que nous ne vivons finalement pas si loin l’un de l’autre. Je l’avais aperçu bien entendu sur des courses ou sur des stands des marques qu’il représentait mais je crois sincèrement qu’hormis un bonjour, nous n’avions jamais échangé d’autres mots. Mais comme tous je pense, je connaissais de loin son histoire d’ancien fumeur à la vie un peu trop porté sur la junk food qui un jour décide de tout changer et d’aller courir.
Puisque ce n’est pas un secret, mon métier de journaliste m’avait également permis d’entendre à droite à gauche au détour d’une discussion autour d’un café des avis plus ou moins tranchés sur le personnage. Notre univers du running n’est souvent pas très tendre dès qu’on se permet un pas de côté. J’en ai largement fait les frais alors je connais ! Qu’un coureur de haut niveau assume pleinement son statut d’influenceur, mieux qu’il renonce volontairement au système de team élite pour se lancer seul avec des petites marques choisies par affinité avait forcément fait jaser.
Comble de l’ironie donc, nous nous retrouvons à Hong Kong pour une course by UTMB. Le plus drôle c’est qu’il me doit son invitation. L’organisation m’avait demandé qui serait le mieux à même de faire le job de coureur et d’influenceur justement pour faire connaître la course chez nous et tout naturellement j’avais donné son nom. A l’époque nous étions « avant covid » et comme chacun sait, la course fut finalement annulée, le territoire fermé de longs mois pour ne pas dire des années avant de rouvrir enfin ses portes aux étrangers. Novembre 2023, l’invitation peut être honorée, nous partons donc ensemble découvrir les chemins de l’île de Lantau.
Le rédacteur en chef d’Esprit Trail, Patrick Guérinet, autant donné son nom, m’envoie un petit message : « tiens puisqu’il y a Yoann avec toi, tu pourrais me faire une petite interview pour compléter ton article sur la course ? ». Je fais donc mon travail en lui proposant qu’on prenne un petit temps pour papoter, et on finit par réaliser que nous avons le même projet d’aller le lendemain matin à Hong Kong en prenant l’un des premiers ferrys. Rendez-vous est donc donné à bord d’un de ces fameux gros bateaux verts qui font la réputation mondiale du territoire.
Nous commençons comme prévu par mes petites questions et très vite nous nous retrouvons à parler de nos vies. Je lui parle de mon métier d’auteure qui me bouleverse toujours autant. Alors que mon métier est de mettre des mots sur les sentiments, sur ce qu’on ressent pendant une course, j’ai toujours autant de mal à en mettre lorsqu’il s’agit d’écrire sur ce que je ressens lorsque je découvre mes livres dans les rayons des librairies. Et là, Yoann me dit « je voudrais tellement écrire le mien, écrire sur ma vie pour que ma fille Charlee puisse le lire un jour mais je ne m’en sens pas capable… ». Un silence se fait et tout d’un coup il me dit : « tu m’aiderais à le faire ? ». Et tout aussi spontanément, sans réfléchir, je réponds oui.
Les semaines passent, je suis moi-même sur d’autres projets qu’il me faut finir mais très vite j’en parle à mon éditrice qui me demande un temps de réflexion. Ils n’ont jamais publié de biographie, ce serait une vraie prise de risque pour eux et quelque chose de vraiment nouveau. Pour moi, c’est différent, j’ai déjà fait le « ghost writer » pour un athlète, puisque dieu merci on ne dit plus « nègre ». Je connais un peu l’exercice de mettre ses mots sur les mots d’un autre. J’avais d’ailleurs adoré cet exercice de style, même si j’appréhendais beaucoup de m’y replonger. C’est à la fois un travail d’écrivain mêlé à celui d’un psy puisqu’il faut tenter de poser les bonnes questions pour avancer dans le récit, pour faire dire à l’autre ce qu’il ne voulait pas forcément avouer ou s’avouer.
Alors que nous recevons le top de la maison d’édition, nous nous retrouvons pour déjeuner ensemble à mon restaurant japonais préféré à Chamonix. Décidément l’Asie ne nous quitte pas ! Alors qu’on nous sert les cafés, le sommaire est prêt. Reste plus qu’à se lancer dans l’aventure de ce livre qui j’espère vous plaira et vous permettra de voir Yoann différemment. J’ai appris entretien après entretien à connaître un homme qui est beaucoup plus qu’un ancien fumeur qui un jour a écrasé sa dernière cigarette pour aller courir. Je vous laisse donc en compagnie de l’inspirant Yoann Stuck, un homme réellement peu ordinaire.