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Fun : 5 femmes qui ont tout changé dans le running

Longtemps, on a voulu faire croire aux femmes que la course de fond, ce n’était pas pour elles. Trop fragiles, trop ceci, pas assez cela… Heureusement, certaines n’ont rien écouté du tout. Elles ont fait voler en éclats les préjugés (et quelques records au passage !). J’en ai choisi 5* qui ont changé le running, et qui continuent de le faire. 🔥

*choix très compliqué à faire vous vous en doutez… 😉

👑 Kathrine Switzer, celle qui a forcé la porte

En 1967, courir le marathon de Boston était tout bonnement interdit aux femmes, jugées trop « fragiles » pour la distance, même si, et c’est tout le paradoxe, il existe déjà un record du monde féminin sur la distance établi par la Britannique Violet Piercy en 1926, avec un temps de 3 heures, 15 minutes. Étudiante en journalisme de 20 ans, Kathrine Switzer s’inscrit sous ses initiales, décroche le dossard 261 et s’élance. Au bout de quelques kilomètres, l’organisateur furieux se jette sur elle en pleine course pour lui arracher son dossard, en hurlant qu’elle quitte SA course. Son petit ami, lanceur de marteau, et son coach qui courait avec elle, l’écartent et Kathrine termine les 42 km. La photo de la scène fait le tour du monde et devient un symbole.

Loin de s’arrêter là, elle remporte le marathon de New York en 1974 et se bat des années pour faire reconnaître la course au féminin. Elle lance un circuit international de courses réservées aux femmes, qui pèsera lourd dans l’entrée du marathon féminin aux Jeux olympiques (enfin au programme en 1984). Aujourd’hui, avec son mouvement 261 Fearless, elle fait courir des femmes partout dans le monde, et son dossard 261 est devenu un véritable emblème.

🏔️ Courtney Dauwalter, la reine de la « pain cave »

Ancienne prof de sciences reconvertie en machine à ultras, l’Américaine (reconnaissable à ses shorts XXL rebaptisés « Shortney » en son honneur par Salomon) est considérée par beaucoup comme la meilleure ultra traileuse de tous les temps. En 2023, elle réalise un exploit que personne n’avait jamais osé imaginer : gagner la Western States, la Hardrock 100 et l’UTMB la même année, en battant des records au passage. Un triplé tout bonnement historique.

Mais sa vraie signature, c’est sa « pain cave », sa grotte de la douleur. Quand la souffrance devient intense en course, au lieu de chercher à fuir, Courtney s’imagine littéralement entrer dans une grotte qu’elle construit dans sa tête, avec ses galeries et ses recoins. Elle enfile son casque, attrape un burin et se met à creuser, encore et encore, jusqu’au fond. Et le plus fort : à chaque passage, elle agrandit sa grotte, histoire de pouvoir aller encore plus loin la prochaine fois. Sa recette pour tenir des heures ? Affronter la douleur avec curiosité plutôt qu’avec peur.

📖 Pour aller plus loin : la notion de « pain cave » a même inspiré un livre, The Pain Cave: Start With Where, Not Why de Rafael Hidalgo, dans lequel l’auteur raconte ses 45 heures autour du Mont-Blanc sur l’UTMB et explore ce qui se passe quand le corps et l’esprit atteignent leurs limites. Désolée pour le moment, il n’est qu’en anglais, en espérant qu’un éditeur français s’occupe de sa traduction en français !

🩺 Blandine L’Hirondel, la championne qui veut changer la médecine du sport au féminin

Gynécologue-obstétricienne de formation, la Normande passe aujourd’hui son diplôme de médecine du sport avec une mission : développer la « gynécologie du sport » et mieux prendre en charge la santé des sportives (elle rappelle que seules 6 % des études médicales sont menées exclusivement sur les femmes). Longtemps, elle a d’ailleurs tout mené de front, carrière médicale exigeante et trail de haut niveau, ce qui rend ses premiers résultats d’autant plus impressionnants.

Et sur les sentiers ? Après avoir été double championne du monde de trail (2019 et 2022), championne d’Europe et gagnante de la Diagonale des Fous en 2025, elle a signé cette année le plus beau coup de sa carrière : la victoire à l’UTMB 2026. Le 29 août, elle boucle les 174 km et près de 10 000 m de dénivelé en 21 h 54, première femme et même 26e au classement scratch, avec une vingtaine de minutes d’avance sur ses poursuivantes. Et tout ça malgré deux chutes immortalisées à jamais grâce au live et une blessure à la jambe qui la handicapait depuis des mois ! Elle devient ainsi la première Française à s’imposer sur la course reine depuis Caroline Chaverot en 2016, et la deuxième femme de l’histoire, après Ruth Croft, à avoir gagné l’OCC, la CCC et l’UTMB. Une victoire qu’elle a comparée à une médaille d’or olympique.

📖 Pour aller plus loin : elle est une des héroïnes avec Katie Schide et Claire Bannwarth de mon dernier livre « Femmes de Trail » publié aux Editions Hugo Sport.

🗻 Katie Schide, la géologue devenue reine de Chamonix

Originaire du Maine, Katie a grandi à crapahuter dans les montagnes de Nouvelle-Angleterre avec son père. Venue en Europe pour un doctorat de géologie à Zurich, elle y découvre le trail… et ne le lâchera plus. Aujourd’hui, elle vit avec son compagnon, le traileur français Germain Grangier, dans un petit village parmi les plus reculés de France, perché dans le Mercantour : le terrain de jeu parfait pour s’entraîner, et pas grand-chose pour la distraire 😉😁.
Sur les sentiers, la géologue est devenue une force tranquille. Après une première victoire à l’UTMB en 2022, elle réalise en 2024 une saison de rêve : gagnante des Canyons 100, de la Western States (2e temps le plus rapide de l’histoire) puis de l’UTMB, où elle pulvérise le record du parcours de Courtney Dauwalter en passant sous les 22 h 10. Ce doublé Western States + UTMB la même année lui vaut le titre de traileuse de l’année 2024. Et elle n’a pas ralenti : en 2025, elle ajoute la Hardrock 100 et un titre de championne du monde.

🐰 Claire Bannwarth, le « Lapin Duracell » de l’ultra

Alsacienne, ingénieure et ancienne escrimeuse de l’équipe de France, Claire a un rapport à la distance qui défie l’entendement. Son truc à elle, c’est le volume : sur sa grosse saison 2024, elle a avalé près de 8 000 kilomètres et 300 000 mètres de dénivelé positif en compétition, en enchaînant les ultras les uns après les autres. Détentrice du record de France féminin de Backyard Ultra (61 tours), elle a aussi été la première femme à s’imposer au scratch sur le Tahoe 200 et sur la glaciale Winter Spine Race.


Et 2026 restera comme sa saison du retour : après une lourde blessure au pied et une opération, elle a repris progressivement… avant de renouer avec la démesure. En quelques semaines à peine, elle a remporté le Swiss Alps 100, pris la 5e place de l’Échappée Belle et gagné la SwissPeaks 170, avant de s’élancer sur le Tor des Géants qu’elle finit 5ème (330 km et 24 000 m de dénivelé positif), qu’elle avait terminé 3e en 2024. Surnommée le « Lapin Duracell » pour son énergie sans fin, elle court avant tout par plaisir, sans jamais vraiment s’arrêter. Et l’UTMB et ses 170 km ? Pour elle, c’est presque « trop court » !

Cinq femmes, cinq parcours, une même énergie : repousser les limites et tracer la route pour toutes les autres. Et parfois, changer le running, ce n’est même pas une question de podium… 👇

Illustration d’ouverture honteusement créée avec ChatGPT mais je n’ai hélas pas les moyens de faire appel à un vrai graphiste pour mon blog perso 😉. Promis si un jour ce site génère des revenus, j’embauche !

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