Depuis 2014, la Clifton s’est imposée comme la référence du « daily trainer » moelleux et tolérant, la chaussure qu’on enfile sans réfléchir pour avaler les kilomètres. Douze ans plus tard, Hoka lance la Clifton Pro, disponible depuis le 9 juillet au prix de 170 €. Si on devait résumer cette nouvelle version en une seule phrase : ce n’est pas une Clifton mise à jour, c’est une autre chaussure qui porte le même nom. Plus haute, plus ferme, plus propulsive. Je la testerai prochainement pour RunFitFun.fr. D’ici là, voici ce qu’il faut savoir avant de se précipiter en magasin.
Ce qui change vraiment : ProGlide+
La nouveauté s’appelle ProGlide+ et combine deux choses. D’abord une mousse EVA supercritique injectée à l’azote, qui remplace la CMEVA de la Clifton classique. Ensuite une géométrie MetaRocker nettement plus agressive, pensée pour accélérer le passage du pied vers l’avant.
Le mot « supercritique » mérite qu’on s’y arrête, car il est souvent mal compris : il annonce plus de restitution d’énergie, pas plus de moelleux. Les premiers retours américains déjà disponibles sur le web vont d’ailleurs tous dans le même sens, la Clifton Pro est décrite comme sensiblement plus ferme et plus dynamique que la Clifton standard. Si vous attendiez une Clifton encore plus douillette, c’est exactement l’inverse !
Les chiffres et un détail qui situe la chaussure
La semelle culmine à 42 mm au talon et 34 mm à l’avant chez l’homme, 38/30 mm chez la femme, pour un drop de 8 mm dans les deux cas. Le poids annoncé est de 296 g en 44 (homme) et 242 g en 40 (femme). Tige en mesh technique, col rembourré, semelle extérieure en caoutchouc Durabrasion, détails réfléchissants, 19 coloris. À 170 €, elle se place 10 € au-dessus de la Clifton 10.
Ces 42 mm méritent une petite remarque qui a son importance. C’est 6 mm de plus que la Clifton 10 (36 mm au talon), mais surtout 2 mm au-dessus du plafond de 40 mm fixé par World Athletics pour les chaussures de compétition sur route (valeur vérifiée sur le site de la fédé). Aucune conséquence cependant pour l’immense majorité d’entre nous car cette règle ne concerne, si j’ose dire, que les places d’honneur en compétition officielle mais elle dit bien ce qu’est cette chaussure avant tout : un outil d’entraînement performant, pas une chaussure de course au sens propre du terme.
Un point d’attention
La Clifton fait partie des modèles les plus recommandés en cabinet : podologues, kinés, médecins du sport la conseillent régulièrement pour son amorti tolérant, notamment aux coureurs qui reviennent de blessure ou qui encaissent beaucoup d’impacts. Or si l’on vous a conseillé « une Clifton », il est possible que la Pro ne soit pas cette chaussure-là. Le nom est identique, l’environnement biomécanique ne l’est pas : plus haut, plus ferme, plus directif.
Cela dit, à ce jour, aucune donnée biomécanique indépendante n’existe sur ce nouveau modèle. Tout ce que l’on avance repose sur le communiqué de la marque et sur les premières impressions de terrain vues sur internet. Les éventuelles études de laboratoire vaudront le détour lorsqu’elles paraîtront.
En attendant, rendez-vous très bientôt pour le test complet sur RunFitFun.fr. Les deux questions auxquelles je compte répondre : le rendement promis se sent-il réellement en course et à quel prix sur le confort quand les sorties s’allongent ?
