A l’occasion de sa sortie officielle, nous vous avions présenté sur le site la dernière née de la famille CLIFTON d’HOKA, la CLIFTON PRO (ici). Dans l’article, il manquait quelque chose d’essentiel : ce modèle n’est pas la remplaçante de la CLIFTON 11 (sinon peut-être que les stratèges marketing de la marque l’auraient nommée … 12) mais une version dérivée qui va vivre sa vie en parallèle. De la famille CLIFTON, elle est censée garder le confort, la durabilité et la fiabilité tout en y ajoutant un zeste d’innovation avec PROGLIDE+ pour rendre la foulée plus efficace et amplifier l’effet rebond. Après 300 km de test, sur routes et chemins stabilisés, que dire ?
Hors norme

Rappelons tout d’abord un point important déjà évoqué dans l’article précité : avec une épaisseur de semelle de 42 mm sous le talon pour la version homme (38 pour les femmes), cette chaussure ne peut théoriquement pas être utilisée en compétition sur route d’après les règlements de la Fédération. Pour des coureurs amateurs, il n’y a pas grand risque sauf si Albert Dugenou, vexé de s’être fait doubler dans les derniers mètres pour la 4323ième place, envisageait de porter l’affaire devant les commissaire de course.
Conséquence de cette hauteur hors norme, la CLIFTON PRO n’est pas un monstre de légèreté (296 g pour les hommes en 44 / 242 pour les femmes en 40) et n’est pas à mon sens hyper adaptée aux coureurs et coureuses très légers qui auront du mal à tirer le meilleur parti de ses qualités.
De l’entraînement à … l’entraînement
La CLIFTON PRO a été conçue pour rendre les entraînements réguliers et à fort volume kilométrique plus efficaces, plus performants. De fait, disons-le tout de suite, oubliez le fractionné, sincèrement, j’ai essayé mais on est au-delà du rédhibitoire.
Par contre, dès qu’on court à allure régulière sur des distances moyennes à importantes, la CLIFTON PRO est dans son élément et ce pour une gamme assez étendue d’allures même si pour des footings de récupération tranquilles, là encore, on peut avoir la sensation d’en avoir beaucoup sous le pied, au sens … vraiment beaucoup.
Bref, si on ne court ni pépère ni fractionné, eh bien, ma foi, on est très surpris par le dynamisme de la chaussure, nettement supérieur à celui d’une CLIFTON 11, tout en gardant un vrai confort. Attention, l’amorti n’est pas du plus moelleux qui soit, ce n’est pas dans l’ADN d’une chaussure qui se veut performante et c’est logique, néanmoins elle demeure agréable au fil des kilomètres. En passant, elle tolère assez bien une attaque médio pied même si l’épaisseur de semelle peut freiner certaines ardeurs.
Pour qui, pour quoi ?
Les limites de ce modèle sont inhérentes à son design : stabilité parfaite sur route mais les successions de virages serrés, il vaut mieux éviter. Sur chemins stabilisés, pas de souci mais là encore, il vaut mieux éviter les anfractuosités car l’épaisseur de la semelle ne pardonne pas. On a déjà évoqué son poids et son impact sur le fractionné.
Son intérêt est sa capacité à accompagner le coureur sur des entraînements fréquents et de durée importante, par exemple dans le cadre d’une préparation marathon, voire semi-marathon d’ailleurs, en lui permettant de conserver sur la durée une foulée dynamique. Un vrai travail de régularité et d’acquisition d’une routine ancrée de course.
Pour une chaussure moderne sans plaque de carbone, son prix de 170 € est dans l’épure habituelle et après 300 km, elle ne présente aucun signe de fatigue excessif, ce qui laisse à penser que sa durée de vie est assez importante.