Run : Ultra X Scotland, le débrief

Comme promis dans mon récit à retrouver ici, un rapide débrief du côté voyage et orga pour le compléter et vous donner des infos qui pourraient vous servir si vous souhaitez vous aussi vivre l’aventure écossaise l’année prochaine !

Le voyage

Comme évoqué dans mon récit, j’ai décidé de tester l’expérience « slow travel » à savoir utiliser les transports en commun les moins polluants possibles pour me rendre sur place. Ne rêvez pas, je ne cherche absolument pas à devenir à mon tour la Greta de l’ultra trail, c’est juste que j’avais envie de voir si c’était possible et d’en faire un article. Concrètement je vis dans le nord de l’Allier, ma gare c’est Moulins. Il m’a fallu 24h en train pour rejoindre ma destination. Et quand je dis 24h, ce n’est pas une vue de l’esprit, je suis montée dans mon premier train à 9h du mat et je suis redescendue du 3ème à 9h le lendemain matin (exactement 8h45). Premier train pour Paris, pause déj à la gare du Nord, Eurostar, Londres, changement de gare de Pancras à Euston (ça se fait à pied très facilement, 15 min grand max !) et train de nuit pour Inverness. J’avoue qu’à la base je comptais réserver une cabine en mode Orient Express, mais c’était sans compter la découverte des tarifs légèrement prohibitifs… 350£ l’aller simple soit un peu plus de 410€ le trajet… Et comble de l’ironie de toute façon au retour c’était déjà complet. Je me suis donc rabattue sur la voiture sièges à l’ancienne pour 85£ le trajet. Ah je réalise que j’ai oublié de vous donner les tarifs des trajets précédents ! 120€ de Moulins à Londres. J’ai pris mes billets un mois et demi avant, un truc dans ce goût-là. Evidemment sur l’Eurostar plus tu réserves tôt, moins les billets sont chers (enfin tout dépend des horaires que vous choisissez quand même) mais ils ne sont pas non plus remboursables. Bref pas toujours simple de prendre la bonne décision… Inutile de vous préciser, mais vous vous en doutez, y aller en avion était nettement mais alors nettement moins prohibitif hélas avec les Ryan Air & Co.

Un trajet de nuit dans une voiture pas prévue pour dormir ça donne quoi ? Clairement ça donne un camp de gitan dès que la nuit tombe ! A l’aller presque tout le monde a sorti son duvet, ça dormait à même le sol un peu partout. Au retour moi j’avais carrément réservé les sièges à côté de l’espace accueil fauteuil handicapé en croisant les doigts pour qu’il ne soit pas occupé, ce qui s’est confirmé. J’avais carrément un carré rien que pour moi, où j’ai ressorti mon duvet et mon oreiller de camping. Bon clairement ce n’est pas idéal mais ça l’a fait. Ils fournissent masque de sommeil et bouchons d’oreilles, vivement conseillés parce que ça fait un bruit ce train !!! Pour info si jamais ça vous dit, ils proposent un grand espace d’accueil pour les vélos que j’imagine payant mais je n’ai pas regardé les tarifs. Il y avait une voiture bar à l’aller mais pas au retour ! Carrément la mauvaise surprise… Je comptais dessus donc je n’avais rien acheter à la gare. Heureusement qu’il me restait de l’eau dans mes flasques et avant de rejoindre mon hôtel à Londres, j’ai filé prendre mon petit déj au Starbuck de la gare d’Euston… Moi sans mon thé, je ne suis pas réveillée.

Fun fact du trajet : à l’aller comme au retour, j’ai eu une bonne heure d’avance sur l’horaire annoncée ! Oui vous avez bien lu ! Absolument pas compris le truc… Au retour à Londres on était tous encore dans les duvets quand le contrôleur est venu nous réveiller parce qu’on entrait en gare. Aucune explication du pourquoi du comment, mais qui a pris le train en Grande Bretagne sait que tout peut arriver depuis la privatisation. Apparemment plusieurs participants ont eu eux la mauvaise surprise d’apprendre que leur train était purement annulé le matin même.

Pour le logement, là j’avoue que j’ai moyennement bien géré puisque j’ai attendu trop longtemps et l’hôtel Premier Inn situé à 200m du départ était vous vous en doutez complet, rempli de traileurs mieux organisés que moi. Je me suis rabattue sur le Mercure parce que j’ai une carte Accor, des tarifs un peu plus intéressants et surtout la garantie d’être surclassée. Donc ce qui est valable pour moi ne l’est pas pour tout le monde. Avantage de cet hôtel, il est à 200m de la gare et à 30 min à pied du lieu du retrait du dossard. Petit déj très moyen je trouve pour un standing Mercure, avec le recul je regrette de ne pas être sortie petit déjeuner dehors. Attention en Ecosse beaucoup de commerces ferment tôt, voir très tôt ! 15h ou 16h, pleins de trucs fermaient alors que les supérettes sont ouvertes de 6h à 23h… Cherchez pas, je n’ai pas trop compris le principe. Grand lieu de départ pour des randonnées, l’avantage d’Inverness, c’est qu’en cas d’oubli, vous pourrez acheter tout ce dont vous avez besoin sur place.

La course

Comme évoqué toujours dans le récit, c’est une course en étapes sur 2 jours en semi-autonomie. J’insiste bien sur le côté semi-autonomie ! 75 le premier jour et 50 le deuxième, sachant qu’on peut s’inscrire uniquement au deuxième jour. Et comme évoqué précédemment, franchement c’est la première étape qui déchire le plus je trouve. La deuxième sera peut-être amenée à être modifiée d’ailleurs parce que clairement je trouve qu’il y a un peu trop de parties bitumées mais qui semblaient ultra récentes, le goudron brillait de mille feux ! On traverse énormément de fermes le deuxième jour, donc que leurs propriétaires décident de sécuriser leurs chemins pour leur activité pro, c’est logique mais pour les traileurs c’est moins drôle. Les paysages sont sympas hein ? Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit mais j’ai vraiment préféré le premier jour.

Semi-autonomie ça veut dire uniquement de l’eau aux ravitos. Bon en vrai sur plusieurs des bénévoles nous donnaient des pastilles d’électrolyses, j’ai même eu le droit à des brownies délicieux et à un morceau de Crunch mais partez du principe que vous allez devoir porter votre nourriture (ou l’acheter en route comme je l’ai fait 2 fois !). Le deuxième jour, j’ai vu plusieurs assistances le long du parcours, c’est donc parfaitement autorisé. A l’arrivée, il y a bière et pizza. Et sur le camp intermédiaire, de l’eau chaude à volonté pour vos plats lyophilisés. Vous retrouverez sur le camp intermédiaire votre sac qui doit peser 6kg max. Attention ils pèsent vraiment et sont implacables ! Tout comme ils le sont pour le contrôle du matériel obligatoire. Il y a possibilité de laisser sa valise qui vous rejoint sur la ligne d’arrivée également mais là encore ils demandent qu’elle fasse 25kg max. Sur cette fameuse ligne, vous trouverez aussi des bus qui vous ramènent à la gare d’Inverness toutes les 1h30 pour 10£. Attention ça se réserve avant directement sur le site !

Franchement le balisage est tout à fait correct, un moment d’hésitation au niveau de la lande au plus haut sommet mais de toute façon je savais que je devais redescendre. C’est juste que j’ai eu un doute sur la trace la plus simple à suivre puisque dans cette zone, il n’y a tout simplement pas de chemin. Ils avaient évidemment fourni les traces. Les BH sont larges, voir très larges, parce que vraiment l’idée de l’orga c’est d’avoir un maximum de finishers. Ils communiquent largement là-dessus et le résultat ne se fait pas attendre : 45% de féminines au départ… Ils m’ont dit que sur certains ultras, ils atteignaient la parité absolue. Alors oui je sais ça fait caricature et tout et tout mais j’ai remarqué que ce sujet inquiétait souvent les femmes qui sont rassurées alors qu’elles ont souvent largement le niveau pour finir avant les BH justement.

L’orga est donc britannique mais j’ai eu la chance de tomber sur un bénévole lors du retrait des dossards qui m’a expliqué tout le système des navettes retour en français, c’est toujours plus sympa et j’ai eu plusieurs volontaires ravis de pratiquer leur français également. Petite spécificité et non des moindres, tout est en option comme nous l’évoquons souvent en France quand on nous demande à nous traileurs ce que l’on souhaite voir évoluer. Concrètement la médaille est incluse évidemment mais si vous voulez un t-shirt vous le payez, si vous voulez un buff collector idem. Et puisqu’on en est à parler sous, le dossard pour les deux jours est de 295£.

Fun fact : les photos de la course sont offertes et téléchargeables en HD, donc si vous avez envie d’imprimer ensuite un poster géant de vous dans la lande écossaise, vous pouvez 😉