Run : Rencontre avec Jessica Brazeau

On a coutume de dire que derrière chaque grand homme se cache une femme… souvent une femme de caractère d’ailleurs et c’est pour ça que j’ai eu envie d’aller à la rencontre de Jessica Brazeau, que nous connaissons encore trop peu en France. Si je vous dis qu’elle est la future Madame Jim Walmsley ? J’éveille surement un peu votre intérêt !

Vous venez vivre en France pour que Jim prépare au mieux l’UTMB mais et vous ? Va-t-on vous voir aussi accrocher des dossards par chez nous ?

Oui bien sûr ! Je prévois de courir le 65km de l’Aravis Trail ou le 48k le 18 juin à Thônes en Haute Savoie, je n’ai pas encore arrêté ma distance. Je vais aussi participer à la Pierra Menta version été, un trail sur 3 jours à Arêches Beaufort au début de juillet avec une coéquipière puisque la course se fait à deux, ce qui en fait une belle originalité d’ailleurs. Et surtout je vais être au départ de la CCC fin août pendant la semaine UTMB en tant qu’élite moi aussi. Je n’ai pas encore pensé à une course cet automne, mais il se peut vraiment que je raccroche un dossard pour finir l’année.

Vous avez déjà couru en France et en Suisse. Quelles différences avez-vous observées par rapport au trail américain ?

Je dirais que la principale différence entre le trail américain et les alpes, c’est vraiment la nature si particulière du terrain. Ce ration dénivelé positif / km que vous avez en France et en Suisse est très difficile à trouver dans la plupart des endroits aux États-Unis. Je pense que dans l’ensemble, nous n’avons pas autant de pistes raides techniques, la plupart des chemins aux États-Unis sont un peu plus plats et donc par la force des choses plus faciles à courir, de façon plus rapide surtout.

Il y a des montagnes techniques plus abruptes sur la côte ouest dans des États comme le Colorado, l’Idaho, le Montana, l’Utah, l’État de Washington et les Sierras orientales en Californie. Mon mari -Jim Walmsley- et moi nous entraînons beaucoup dans les montagnes de San Juan, où ils organisent le Hard Rock 100 Mile Endurance Run, en juin et en juillet pour préparer au mieux les courses de l’UTMB et pouvoir affronter les longues ascensions et descentes raides de vos Alpes mais rien ne remplacera jamais l’entraînement sur le terrain originel, d’où notre déménagement futur.

Crédit photo : @Ryanthrower 

L’enfance de la petite Jessica, elle était comment ?

J’ai eu la chance de grandir dans une famille qui pratiquait bon nombre de sports que l’on pourrait qualifier de « non traditionnels » aux Etats-Unis. Nous ne regardions pas le football américain, le baseball ou le basket-ball, mais plutôt les compétitions de ski, les jeux olympiques d’hiver / été, le surf, et le Jiu Jitsu brésilien. Mon père m’a appris le ski alpin à l’âge de quatre ans. Il a même fait partie de l’équipe des États-Unis en slalom et en slalom géant pendant quelques années ! Dans ma jeunesse, j’ai skié et joué au soccer (le foot version américaine) jusqu’à ce que je me décide l’année de mes 7 ans à m’engager dans la pratique de la gymnastique. J’ai même été gymnaste de compétition pendant 10 ans. J’aurais du aller beaucoup plus loin puisque j’avais décroché le statut de gymnaste universitaire en Idaho, là où je vivais, mais j’ai décidé de renoncer à ce statut au grand désarroi de mes parents, j’avoue. J’étais épuisée par ce sport et je ne voyais pas continuer encore 4 ou 5 années de plus. Je n’avais pas un niveau olympique mais j’avais tout de même un super bon niveau. Ce choix était loin d’être anodin parce que j’ai surtout du renoncer à une bourse universitaire entièrement rémunérée. Quand on connait le coût des études aux USA, c’est loin d’être une décision simple à prendre, car très lourde de conséquences. Après la gymnastique, j’ai commencé à faire de l’escalade et de la rando avec sac à dos, c’est là que j’ai vraiment compris mon amour pour le plein air et la montagne. Ce n’est qu’en 2016 que j’ai découvert le trail running et que j’ai commencé à courir régulièrement pour le plaisir mais aussi dans un esprit de compétition.

Crédit photo : @Ryanthrower 

Jus vert et salade de kale ou frites, burger et milkshake ?

Je dirais que comme beaucoup, je me réveille le matin dans « la team jus vert » mais qu’il est difficile de ne pas craquer en France pour vos croissants et vos fromages ! Je suis végétarienne et plutôt sérieuse du côté de mon assiette mais j’avoue que lorsque la charge d’entraînement s’alourdit, je suis tout à fait capable de craquer pour un burger (veggie !) et surtout les frites qui vont avec !

Une course de rêve ?

La CCC justement est une de mes courses de rêve, c’est dire si je suis nerveuse à l’idée d’être à son départ en août prochain. Ce sera une vraie première pour moi parce que jamais je n’ai pris le départ d’une course aussi longue. Je rêve aussi un jour de courir la Hard Rock 100 puisque la ville de départ, Silverton et les montagnes qui l’entourent sont très spéciales pour moi.

Souvenirs marquants en trail ? Bon et mauvais, dis-nous tout !

J’ai deux très bons souvenirs quand j’y pense, et le premier est à Chamonix lors de ma première participation en 2018 à une course de catégorie internationale. J’étais au départ de l’OCC et je la finis 19ème. J’étais tellement fière et heureuse d’être là et de finir cette course que j’ai presque pleuré lorsque j’ai passé la ligne d’arrivée ! J’étais tellement heureuse et fière à ce moment-là ! Mon deuxième meilleur souvenir est plus récent puisque c’est cette année qu’il s’est déroulé : j’ai gagné le 21k de l’Ultra Trail Cape Town. J’adore les courses techniques plus courtes et plus rapides parce que, j’avoue, c’est là que je suis pour le moment la plus forte. D’ailleurs mon pire souvenir est sur une distance plus longue… La Silver Rush 50 mile (81km) où pour la première fois de ma vie, j’ai été malade (surement de la déshydratation) et où j’ai même carrément pris des coups de soleil sur le visage et la bouche. Depuis je ne quitte plus mon stick de protection solaire qui est toujours dans mon sac de course.

Le mot de la fin !

Mon mari a pu obtenir ce qu’on appelle un « passeport talent » (un visa professionnel) qui va nous permettre de vivre jusqu’à 4 ans en France sans avoir à refaire des papiers mais la condition pour moi c’est que je ne travaille pas, parce que j’ai oublié de vous le dire mais je suis « hygiéniste dentaire » de profession, ce qui pourrait être un peu l’équivalent de vos assistants dentaires même si nous avons plus de prérogatives que chez vous. J’ai hâte de venir m’installer en France même si j’avoue que le plus compliqué ça va être d’apprendre le français. Pour le moment, je maîtrise la base, je peux commander du pain et des croissants dans une boulangerie !

En bref

Jessica fait partie de la Team Runinrabbit, une marque super connue aux USA qui vient de lancer une collection spéciale femmes enceintes d’ailleurs pour accompagner la deuxième grossesse d’Anne Frost, et une collection de trail très Colorado style je trouve avec des chemises pour hommes mais surtout pour femmes, un truc que perso je n’avais encore jamais vu. Question nutrition, elle fait confiance à la marque Moon Valley, la fameuse marque lancée entre autre par une autre « femme de », Emelie Forsberg mais aussi Mimmi Kotka et Ida Nilsson.

L’insta de Jessica est à suivre ici.

PS : Inutile de vous préciser que je compte bien vous tenir au courant de la suite des événements fin août avec un débrief de la CCC de Jessica ! J’en profite pour leur souhaiter à Jim et à elle tous nos vœux de bonheur, le mariage étant en réalité prévu incessamment sous peu, juste avant d’entamer la préparation des cartons de déménagement, l’arrivée en France est prévue courant mai, la maison qui abritera les jeunes mariés est déjà trouvée !

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