Run : Swiss Peaks Trail 2021 : épisode 5 – Carnet de bord 2

Cela faisait longtemps que je n’avais pas mis mon carnet de bord entraînement à jour. Il faut dire qu’en ce moment ça n’est pas la grande folie et pas uniquement à cause de la situation sanitaire qui nous complique à tous un peu la vie…

Après plusieurs semaines de montée en puissance question entraînement, j’étais toute contente de ma dernière sortie longue du côté du Puy de Dôme avec ma copine Valérie qui prépare une course similaire à la mienne. C’est génial de pouvoir partir comme ça toute une journée avec une amie pour éviter de se retrouver seule un peu perdue dans un coin que je connais finalement assez peu. Nous avons hélas été coupées dans notre élan avec les restrictions sanitaires que vous savez. Clermont Ferrand n’est pas vraiment dans mon périmètre autorisé… J’ai fait aussi plusieurs sorties longues beaucoup moins techniques il faut bien l’avouer du côté de Noyant sur Allier qui offre plusieurs parcours de randonnée super bien balisés, pour surtout tester du matériel en vue de ma sélection finale pour le jour J. Question prépa j’ai toujours le GR20 prévu début juin avec Vincent Delebarre si tout se passe bien et dans mon enthousiasme mais surtout ma volonté de penser positif, je me suis inscrite à l’Ultra01 (mais là ça sent le roussi les annonces récentes ayant exclu la levée du couvre feu) et à la version off de l’UMTB organisé par mon ami Bruno Poirier qui seront là aussi gérées en répétitions générales du grand objectif de la rentrée. Evidemment je serai à Verbier début juillet mais ça c’est tous les ans, et ça n’a rien à voir avec ma prépa, c’est juste que j’adore cette course. Commencer un été sans aller à Verbier est un été gâché ! Pour le programme du mois d’août, j’avais des idées à l’étranger mais je crois qu’il va falloir très vite passer au plan B… Pas bien grave, je vais me prendre quelques jours pour aller courir sur zone, ce sera parfait.

Tout va bien me direz-vous ? Eh bien non… Pas vraiment justement… Lors d’un test chaussure, je me suis blessée au pied gauche, provoquant une inflammation qu’une semaine de repos n’a pas suffi à faire disparaître. Je suis depuis lundi soir sous anti-inflammatoires, le truc que je déteste par dessus tout mais entre la prépa et le fait que j’avais du mal à marcher dans ma vie quotidienne, il fallait agir. Je croise les doigts pour que ça passe sans que j’ai besoin de m’embarquer dans une vraie prise en charge genre échographie, semelles et tutti quanti. Je m’en veux un peu parce que dans l’absolu, programmer des tests de chaussures même pas destinées à m’accompagner sur la Swiss Peaks était totalement débile… Je vais mettre tout ça entre parenthèse dès que je vais retrouver ma mobilité pour rester concentrée sur ce qui me préoccupe vraiment cette année. En attendant je pédale et je rattrape mon retard de films devant My Canal ou Netflix ! Mais j’avoue que ça m’a foutu un sacré coup au moral.

C’est d’ailleurs un point que je souhaitais développer un peu aujourd’hui… Mon mental ! Avant de partager prochainement avec vous un petit échange avec Simon qui m’accompagne dans ma prépa de ce côté-là, je voulais évoquer ce que je n’avais pas envisagé à la base : gérer l’arrêt au stand lié à un problème physique. Figurez-vous qu’en quelques années de grand n’importe quoi question dossard et entraînements, je n’ai jamais vraiment eu à gérer ce genre de souci. Il suffisait souvent de quelques jours de repos, et la petite douleur apparue au genou ou ailleurs disparaissait d’elle-même. Evidemment après un ultra à la con il m’est arrivé de revenir avec des pieds tellement abimés (poke Jungle Marathon !) qu’il me fallait quelques jours de repos pour soigner tout ça mais après 250 bornes… Comment vous dire que le repos tombe à point nommé et que l’idée même de courir me filait la nausée ! Là, c’est clairement une autre limonade. Surtout que je me lance dans un défi que je n’ai jamais relevé, que je vais si tout se passe bien devoir totalement sortir de ma zone de confort. Alors oui, je sais dans l’absolu on est fin avril, il n’y a pas forcément péril en la demeure, qu’une prépa sans accrochage c’est finalement plutôt rarissime. J’ai quand même une petite expérience en ultra, je ne pars pas non plus totalement dans l’inconnu. Je ne suis pas non plus totalement à l’arrêt puisque je peux faire du home trainer sans souffrir à condition de bien positionner mon pied sur la pédale.

Mais force est de constater que j’ai du mal à utiliser mon temps rendu disponible à autre chose que manger du chocolat et me faire des tartines de beurre de cacahuète… Même lire est compliqué tellement cet arrêt me file un coup au mental. Je suis assez lucide, la situation actuelle n’arrange rien à l’affaire. L’impossibilité de se projeter de façon réelle dans un avenir proche est vraiment usante mais ce n’est pas à vous que je vais l’expliquer, nous les subissons toutes et tous. Je croise les doigts très fort pour que je puisse repartir doucement mais surement le week-end prochain, cela devrait me redonner un peu d’espoir et d’envie d’avoir envie. Autre point assez marrant mais pourtant bien réel, c’est la première fois que je prépare autant en amont une course, je pense que ça explique aussi un peu le coup de mou au mental. Je sais que c’est mal, et que ce n’est pas du tout un exemple à suivre mais si vous saviez le nombre de fois que j’ai pu prendre le départ d’un ultra à l’arrache… Le Jungle Marathon pour ne citer que lui, j’ai eu la confirmation que je partais à peine un mois avant. Va préparer un 270 bornes en un mois toi ! J’étais plutôt en mode « on enchaine les dossards mais la prépa entre les courses… comment te dire ». Alors entre ça et la blessure, ça en fait des trucs à encaisser…

J’espère revenir dans un mois avec un article un peu « positive attitude » et pleins de bonnes nouvelles évidemment. En attendant haut les cœurs et portez vous bien !