Run : Quand on n’a plus 20 ans …

Où l’on se rend compte que ce n’est pas beau de vieillir …

Hier, dans le cadre du Grand Raid du Ventoux, j’ai lâchement abandonné au point kilométrique 41.5 de la Traversée Ventoux Dentelles qui en comptait 54. Face à la dernière difficulté de ce parcours (600m de D+ sur 4.5 km), mon corps tout entier m’a demandé de m’arrêter, ce que j’ai fait, en étant peut-être un peu trop conciliant avec lui.

La première de mes courses provençales s’est donc soldée par un échec. Bien entendu, comme tout bon coureur qui se respecte, j’ai une multitude d’excuses toutes prêtes pour expliquer cela 🙂

  • Les séquelles du Marathon de Paris, que pourtant j’avais couru à allure modérée pour aider mon ami Pierre a batte sa meilleure performance. Cachées sous le boisseau, elles ont attendu 15 jours pour s’exprimer … au mauvais moment.
  • Le fait de ne pas m’être entraîné spécifiquement pour ce trail de montagne au profil très spécifique.
  • L’âge bien sûr et l’inconséquence quand on est un quinquagénaire au parcours particulier de prétendre enchaîner deux courses longues sur 15 jours.
  • J’en ai d’autres encore 🙂 Comme d’avoir ressorti mes vieilles Salomon Slab Sense non utilisées depuis 4 ans parce que j’avais donné toutes mes autres paires de trail à une association sauf des Merrell Trail Glove neuves que d’aucuns m’ont déconseillé d’utiliser sur ce type de trail. Mais bon, je ne vais pas vous faire une litanie …

Hier j’ai physiquement expérimenté tout ce qu’un coureur redoute sauf la chute (je vous expliquerai pourquoi dans un prochain billet sur le blog) alors que je suis une véritable quiche en descente.

– les nausées à partir du 25e km et l’impossibilité de m’alimenter au-delà, déjà rencontrées lors de mon premier EcoTrail 50 km où j’avais discuté longuement et liquidement avec toutes les poubelles le long de la Seine … Nausées qui se sont poursuivies toute la soirée, m’ont gâché mon restau et sont encore là ce matin au réveil. Explications ? Dans les 2 cas, j’ai bu dans une poche à eau et ma sensibilité exacerbée au « goût de plastique » est sans doute l’une des causes possibles.

– Et pourquoi donc avoir emmené un sac d’hydratation alors connaissant mes antécédents ? Eh bien pour … éviter les crampes … qui sont quand même survenues à partir du 30e km : du bout des orteils aux hanches en passant par tous les muscles possibles et imaginables des jambes, j’en ai même découvert de nouveaux alors que je fais de la gym tous les matins au réveil depuis 10 ans. En adoptant une foulée idoine, étriquée et fréquente, je suis parvenu à « courir » 11.5 km mais dès que je sortais de cette idoine (un rocher à grimper ou descendre, un pas de côté …) intense douleur à un ou plusieurs endroits et arrêt de quelques secondes avant de repartir.

– Le cerveau qui gamberge face à la dernière difficulté alors que le corps commence à regimber : 600 m de D+ et la perspective de me traîner encore pendant 2h, 2h30 pour faire les 12 derniers kilomètres en marchant et s’arrêtant. Un repos pas salutaire au dernier ravitaillement où face à l’impossibilité d’avaler quoi que ce soit et à la fatigue intense, la décision qui, tout à coup, on ne sait pas trop pourquoi surgit du cerveau : STOP !

Les conditions étaient pourtant parfaites : une organisation remarquable et des bénévoles d’une rare gentillesse, un parcours magnifique et intelligemment tracé, une météo correcte (glaciale et brumeuse au sommet du Ventoux, -3°C ressenti et du givre puis ensoleillée et 15-16°C dans les Dentelles). Tous les ingrédients pour passer un bon moment …

Pour celui ou celle qui maîtrise toutes les subtilités de ce genre de courses et qui les a préparées en amont, ce qui n’était visiblement pas mon cas. Il faudrait aussi que j’arrive à résoudre ces soucis alimentaires que je ne rencontre jamais sur marathon mais qui me pourrissent la vie dès que je m’engage sur des trails longs, quelle que soit leur difficulté …

Le Dauphiné a consacré un reportage photo à la course : ICI


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