Run : L’ultra de la Plage Blanche

Comme vous le savez surement si vous me suivez sur les réseaux sociaux, j’ai eu la chance de faire partie de la reconnaissance de la première édition de l’ultra de la Plage Blanche qui sera organisé pour la première fois en mai prochain. Voici donc mon retour d’expérience de ce qui s’annonce déjà comme une course superbe !

 

Petite genèse : Cyrus est un ami, un vrai dans la vraie vie. On s’est rencontré dans le désert au fin fond de l’Algérie et nous sommes restés en contact. Nous avons régulièrement échangé tous les deux sur nos différentes expériences et avions régulièrement les mêmes griefs concernant les courses auxquelles nous participions. A force d’en parler, il a eu le courage de se lancer et nous organiser enfin un ultra qui rassemblerait un maximum de nos attentes. Le principe : un non-stop dans un désert sécurisé, pas trop loin de la France pour poser un minimum de congés, avec un terrain sympathique et varié, une distance suffisamment longue pour se dire « wouah je l’ai fait » mais qui peut aussi s’envisager pour un premier ultra, un hôtel super sympa pour le départ et surtout pour l’arrivée, sans oublier la nourriture parce que bon c’est bien gentil de courir mais il faut aussi se sustenter et surtout un tarif qui reste dans l’ordre du raisonnable… L’ultra de la Plage Blanche était né !

 

Le lieu du départ ! 

Petit débriefe : le but n’est pas du tout de vous détailler le parcours, dune par dune, caillou par caillou… Déjà parce que je n’ai pas tout vu et ça m’arrange, je veux moi aussi la surprise ! Ce qu’il est bon de savoir c’est qu’avant toute chose il faut se rendre à Agadir d’où les bus partiront. Attendez-vous tout de même à un petit parcours parce que le principe souvent du désert c’est qu’il est loin de tout. Environ 4h sont à prévoir mais rassurez-vous la pause prostate est prévue et surtout la pause ravito ! Enfin vous arriverez au Ksar Tafnidilt qui à lui seul vaut le déplacement. Le lieu est tout simplement incroyable. Ce fort posé au milieu de nulle part vous donne l’impression d’être dans Fort Sagane… D’ailleurs ce n’est pas un hasard si le lieu héberge régulièrement des équipes de cinéma. Attention on loge en plein désert avec toutes les contraintes que cela engendre : non on ne peut pas se faire couler un bain très chaud en arrivant ! Pour le petit déjeuner, les pénibles en mon genre qui aiment un thé vert de qualité doivent prévoir ce qu’il faut et les « sans » devront aussi s’organiser s’ils ne veulent pas être au régime pain, beurre, confiture.

 

Si tu aimes les trucs cassés…

C’est parti pour 130km à travers un désert qui va vous offrir en fait tout ce qu’un désert peut vous offrir justement. Le parcours présente presque tous les terrains que j’ai pu y rencontrer (manque juste un salar !) : dunes (mais gentilles les dunes !), cailloux, pistes, herbe à chameau… Il y a surtout la plage blanche, plage légendaire que tous les amoureux de l’aéropostale connaissent. Elle est immense, coincée entre l’océan et les dunes, une vraie merveille. Et c’est là que vous aurez peut-être vos seuls spectateurs, en dehors des troupeaux de chameaux, puisque quelques pécheurs vivent là au gré du bon vouloir des marées. Après ce bain d’embruns, vous retournez dans le désert pour rejoindre le Fort Bou-Jerif. Là encore la première chose qui vous viendra à l’esprit en découvrant le lieu, c’est « mais saperlipopette pourquoi venir s’enterrer là ? ». Il faut savoir qu’avant d’être un lieu de passage pour ceux qui rêvent d’aller gambader ou plutôt rouler à fond les ballons sur la plage Blanche, c’était surtout un lieu stratégique. Le fort ou tout du moins ce qu’il en reste à 800m de l’hôtel fut construit par les Français en 1935, lors de leur dernière grande campagne de « pacification » dans le sud du Maroc. Environ 200 hommes vivaient là, protégés par deux tours de guet situées sur le sommet de collines à l’ouest et à l’est du fort. En 1956, les français laissent la place aux marocains qui resteront là jusqu’en 1969, date à laquelle les espagnols abandonnent le Sahara. Il n’y a donc plus de frontière à surveiller… Cela en fait maintenant un lieu parfait pour il fera bon végéter en attendant que tout le monde soit rentré.

 

Quelques vues en vrac ! 

Pour ce qui est des infos pratiques : il faut s’attendre à 1000 de D+, autant dire pas grand-chose non plus sur la totalité du parcours qui fait 130km. Attention, ce n’est pas un parcours balisé, donc si votre gps affiche 132km à la fin ou 129, c’est normal ! C’est le jeu ma brave Lucette ! Le terrain est franchement accessible aussi et rappellera beaucoup celui du MDS pour ceux qui connaissent avec moins de dune… mais la plage blanche demande de la patience… Mais offre aussi un avantage non négligeable : son vent qui rafraîchit le désert. Et là c’est loin d’être anecdotique. Pour ceux que le côté navigation panique un peu, sachez qu’il y a tout de même presque la moitié du parcours qui ne nécessite pas de s’orienter au sens strict du terme : sur la plage, c’est tout droit, pour arriver à la plage, il suffit de suivre son chemin dans l’oued sans se poser la moindre question. Vous pourrez en profiter d’ailleurs pour lever le nez et tenter d’apercevoir les aigles royaux qui nichent dans les falaises qui vous entourent. Je le dis souvent mais c’est vrai : pendant des années je me suis privée de courses au gps pensant ne pas être capable de m’orienter seule dans le désert. Et puis il y a eu Abu Dhabi et j’ai compris que ma peur n’était pas du tout fondée. Ok il arrive qu’on jardine un peu en allant un peu trop à droite ou à gauche mais personne ne court à 50km/h ! Au pire vous êtes à 100m de votre trace et il suffit de repartir sur ses pas pour remettre son « petit bonhomme » sur son chemin. Vous n’aurez pas comme là-bas à gérer des monstres de dunes qu’il faut appréhender avant de décider si on va à droite ou à gauche. Pour une première expérience c’est l’endroit parfait !

 

Le plus important : la récup !!!

Guêtres ou pas guêtres de sable… That’s the question… Personnellement, de ce que j’en ai vu, je compte partir avec mes sandales dans le sac (voir ici pour comprendre) et une paire de baskets avec juste guêtres de trail. Je pense que cela me suffira. Ce qui est sympa c’est qu’il n’y a pas de duvet obligatoire à trimballer, juste votre nourriture et votre eau bien sûr. Aucun matériel obligatoire ne sera imposé, à vous d’être adulte pour une fois ! Oui la nuit il fait froid dans le désert alors si vous ne voulez pas finir congelé, pensez à prendre ce qu’il faut. Et tricher sur la quantité d’eau demandée est juste totalement crétin ! On parle du désert là ! Franchement les bâtons ne sont pas du tout indispensables sauf si bien sur vous avez l’habitude de marcher plus vite avec, mais le relief ne les rend pas obligatoires à mon humble avis. L’eau chaude sera prévue à chaque ravitaillement (enfin pas le premier mais il est au début du parcours, vous sortirez de table !). Après discussions, il est apparu évident qu’il faudrait quand même mettre une barrière horaire pour le premier CP qui sera basée sur une marche à 4km/h. Si quelqu’un est déjà incapable de tenir ce rythme, il semble évident que la suite sera dangereuse pour lui et pour l’organisation. Je pense que toute personne sensée est apte à comprendre ce type de décision. Il n’y a pas de rationnement d’eau prévu, si vous voyez quelqu’un du staff qui passe à votre niveau, vous pouvez l’arrêter et lui demander un rab de flotte pour boire, pas pour vous prendre une douche non plus ! L’eau dans le désert reste une denrée rare, on doit la vénérer et en prendre le plus grand soin.

 

Tout ça pour dire que je suis impatiente d’y être ! Si vous avez des questions précises n’hésitez pas je ferai mon possible pour y répondre. Sinon pour vous inscrire c’est ici que ça se passe.